Retour en Bretagne

 

Apres la merveilleuse nouvelle récemment apprise, nous revoyons nos plans et décidons de remonter en Bretagne, en avion pour Elodie et moi avec Willem.

Cette remontée, effectuée sans soucis majeur, aura été plutôt laborieuse car vécue comme un convoyage et non comme un voyage: presse de larguer les amarres on interprète mal les previsions météo, presse d’arriver on démarre trop facilement le moteur, presse de repartir on ne profite que peu de l’escale…

 

De El Hiero a Porto Santo

Des les premieres heures de navigations, alors que Willem glisse tranquillement au travers a 5 nœuds sur la route, dans l’ouest des Canaries, je realise que contrairement a ce que j’imaginais je n’apprecie pas naviguer en solitaire… Tout etait parfait, le soleil se couchait dans de splendides couleurs et un banc de dauphins m’accompagnait. Je me suis servi un petit verre sur le pont pour prendre le temps de profiter du spectacle et me sentais vraiment bien. Puis le soleil a atteint l’horizon en virant au vert: c’était juste magnifique! Trop peut être, car du fait de ne pas partager cet instant privilégié je me suis brutalement senti seul…

 

De Porto Santo a Ponta Delgada

Le vent, inexistant a mon depart de Porto Santo, était annonce rapidement fraichir de secteur nord et s’y établir quelques jours. Je suis donc partis au moteur plein nord en espérant pouvoir ensuite rallier la Galice au près. En fin de compte, c’est du nordet qui est rentre au bout d’un peu plus de 12h et j’ai donc plutôt mis le cap vers l’archipel des Acores: trois jours au travers dans 25-30 nœuds avec une mer peu formée, juste les miles a cocher!

 

De Ponta Delgada a la Corogne

Cette navigation n’a pas été solo! Gaétan m’a rejoins et a sorti sa cravache pour faire avancer Willem: 160M/24h les trois premiers jours! On espérait atteindre Brest, mais le vent est tombe au large de la Corogne qu’on a donc rejointe au moteur.

 

De la Corogne a Pontrieux

J’ai préféré pas de vent a bout au vent, mais je pensais que j’en aurais un peu plus quand meme! Apres un peu moins de 24h parfaites avec 25 nœuds d’est, donc au travers, ce fut la grosse pétole: un vrai lac pour l’essentiel de la traversée du golfe. Donc moteur, et pareil pour la manche avec la brume en plus…

Navigations Canariennes

En partant de Santa-Cruz de Tenerife, nous avons fait une petite escale a la Gomera avant de mettre le cap sur l’archipel du Cap-Vert. Lors de la premiere nuit, Elodie ne s’est pas senti bien et nous avons donc decide de faire demi-tour vers El Hierro, l’ile au sud ouest des Canaries, afin d’envisager cette petite navigation de façon plus sereine…

Du Portugal aux Canaries

Encore une navigation sans soucis, même si on a eu une mer croisée et un peu formée… Ce n’était peut-être pas la meilleure option de passer près des côtes marocaines, mais en analysant les cartes météo au départ, je pensais que le vent pourrait être suet à notre arrivée aux Canaries: je préférais au cas ou être au travers plutôt qu’au près!

Sinon, les voiles achetées d’occasion au voilier de Portimao sont une très bonne affaire: il manque a peine 50 cm au guindant de la GV, et même si le génois me paraissait ridicule, en navigant en côtre avec la trinquette ça passe bien

Portugal

En quittant la Galice et la baie d’Arosa, pour ne pas être par la suite trop bloqués par la météo avec l’approche des dépressions automnales, on a décidé avec Totten de prendre un peu de sud et d’aller directement vers le sud Portugal avec un arrêt à Cascais, port à l’entrée du Tage dont le seul mérite est de pouvoir mouiller devant pour aller visiter Lisbonne en train. Cette relâche était de toutes façons pour nous nécessaire, notre grand voile ayant explosée et notre génois s’étant un peu déchiré dans cette descente… Elodie maitrise désormais le point de Videlle!

Après une petite semaine, nous avons relevé le mouillage et remis en route.

A part un peu de vent et de mer au passage du cap St Vincent, une navigation calme avec la chance de voir une eclipse totale de lune. Arrivés de nuit, nous avons mouillé dans l’avant port de Portimao avant d’aller le lendemain dans le superbe petit mouillage d’Alvor.

Les rias de Galice

La Galice est magnifique!

Nous y avons en fin de compte passé un mois, et y avons découvert Cariño, Sada et Ares (au fond de la ria de la Corogne), Camariñas et les rias de Muros et Arosa…

Plein de mouillages possibles, des paysages grandioses et des villages multicolores…

 

Cap Finisterre

Il y a quelques années, on avait pris une jolie fessée dans ces parages: pendant presque 12 heures, le vent était monté à presque 70 nœuds et la mer devenue déchainée avec des déferlantes de près de 8 mètres… Ce fut beaucoup plus cool cette fois-ci, avec tout juste 10 nœuds établis avant le cap et a peine plus de 20 après, ce qui a permis à Elodie de faire quelques jolies photos…

 

De Port Haliguen a Carino: le Golfe de Gascogne

Le golfe de Gascogne fait parti de ces bêtes que l’on surveille quelques temps avant de decider de s’y frotter… La météo semble laisser espérer une fenêtre de quelques jours avec un vent moyen de nord virant nordet: on se rends à Port Haliguen, en baie de Quiberon, pour avitailler en eau et en vivres, et en route vers Madère! On pars avec Totten, qui pense se diriger vers la Corogne, mais on se perds assez vite de vue.

Rayon vert par calme choc dans le Golfe de Gascogne

Rayon vert par calme choc dans le Golfe de Gascogne

Après un début de navigation plus que parfait, le vent cale au milieu du golfe et on se retrouve ababouinés dans une grosse pétole. Au bout de quelques heures, les alarmes d’énergie se mettent à sonner: les batteries se sont vidées bien plus vite que prévu! Ne pouvant plus utiliser le pilote, on reprends la barre et on fait avancer doucement Willem vers le sud, en espérant retoucher un peu de vent. On décide de revoir nos plans et de relâcher à la Corogne pour trouver des batteries neuves.

Bientôt, comme par magie, Totten réapparait devant nous et nous pouvons lui lancer une partie du thon, péché au lever du soleil, qu’Elodie vient de cuisiner. Bord à bord, on persiste à essayer d’avancer à la voile… La côte nord espagnole commence à se dessiner, mais c’est une grosse houle qui arrive au lieu du vent tant espéré… On tiens quelques heures puis, fatigués d’entendre tout claquer violement, on démarre nos moteurs et on fait route directe vers la côte pour atterrir à Cariño…

Premiers bords en Bretagne sud

Trop heureux ! A tel point qu’on se surprend parfois à douter que ce n’est pas juste un rêve, mais bien la réalité…

Côté navigation, Willem se comporte encore mieux que ce que j’espérais. Même s’il ne peut bien entendu pas concurrencer les performances des voiliers modernes bien menés, il est loin d’être ridicule et a un excellent comportement a la mer. Dès les premiers miles, on se sent vraiment en sécurité dans son cockpit central, et même s’il ne faut jamais faire le malin avec la mer, on se dit tout de même qu’on a une belle marge de manœuvre avant de se trouver en difficulté.

Côté vie à bord, que ce soit en mer ou au mouillage on se sent comme à la maison. Les espaces intérieurs sont chaleureux et très bien proportionnés, la circulation facile même à la gite et la cuisine fonctionnelle quelle que soit l’amure. Quoi demander de plus ?

Ces quelques semaines de prise en main à voguer entre les iles de Bretagnes sud auront donc été géniales. Pas mal de chance, car il en faut toujours au moins un peu, comme la fois ou notre annexe s’est décrochée pendant la nuit et est revenue deux jours plus tard, en remorque d’un voilier qui est venu mouiller par hasard a moins de 200 mètres de nous… juste incroyable ! Quelques nuits blanches, comme quand la houle à commencer à rentrer au milieu de la nuit alors que j’avais fait le malin à mouiller très près des roches. Et des paysages toujours magnifiques… Sinon on a mis les pieds dans l’eau mais…pas plus pour l’instant !