Le merveilleux voyage de Willem Schouten

Couverture du journal relatant le merveilleux voyage de Willem Schouten

Couverture du journal relatant le merveilleux voyage de Willem Schouten

Route du Merveilleux Voyage de Willem Schouten

Route suivie par Willem Schouten lors de son merveilleux voyage effectué de 1615 à 1617

Surnommé le cap de la Colère, le cap Dur ou plus simplement le Rocher, le Cap-Horn est l’un des derniers lieux qui reste mythique pour tout marin, le symbole d’une époque à jamais disparue. Promontoire du Chili, falaise verticale noire sinistrement dressée vers un ciel éternellement malveillant et dont les alentours sont embarrassés d’écueils et de hauts-fonds, ce caillou que battent sans répits les ouragans tournant autour du monde marque le point le plus austral de l’Amérique du Sud ainsi que la limite entre trois océans : l’Austral, le Pacifique et l’Atlantique. Il indique aux navigateurs qu’ils sont bien arrivés « al fine del mundo », au bout du monde. Le célèbre écrivain chilote Francisco Coloane écrivait : « Les marins prétendent qu’à un mille de ce tragique promontoire, témoin de l’incessant duel que se livrent les deux plus grands océans, le Diable veille au fond des eaux, harnaché de chaînes et de fers qui grincent épouvantablement les nuits de tempête, quand les flots montent à l’assaut des ombres… »

Au début des années 1600, la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales a le monopole de tous les transports marchands hollandais via le détroit de Magellan et le cap de Bonne-Espérance, les deux seules routes connues à l’époque pour rejoindre l’Extrême-Orient et ses richesses. Refusant cette situation qu’ils considèrent abusive, le marchand hollandais Jacob Le Maire et le navigateur Willem Cornelius Schouten décident de chercher une voie alternative : ils prennent le large en mai 1615 avec deux navires, l’Eendracht et le Hoorn, dans le but d’explorer un passage suggéré par Francis Drake, au sud du Détroit de Magellan et de la Terre de Feu.

« On n´apercevoit que de hautes montagnes couvertes de neige, qui se terminent par un cap fort pointu qu´on nomma le Cap de Hoorn« … C´est par cette indication que le journal de bord du navire hollandais Eendracht signale la naissance officielle de « l´Everest des marins », le 15 janvier 1616, le nom de Cap Horn ayant été choisi en souvenir de la ville natale de Schouten, Hoorn, ville où les fonds destinés à financer cette expédition ont été réunis, ainsi qu’en mémoire du deuxième navire de l’expédition récemment détruit par le feu lors d’un carénage en Patagonie.

Notre projet

Pour commémorer le quatre-centenaire du « Merveilleux Voyage de Willem Schouten », dont le point d’orgue fut l’invention du Cap Horn en janvier 1616, nous souhaitons partir dans le sillage de cet illustre ancêtre de Nico qui est peut être à l’origine de l’eau salée qui dilue son sang. Un pèlerinage en quelque sorte…

Le parcours envisagé  évoluera certainement au fil des rencontres et découvertes: nous souhaitons avant tout prendre le temps de contempler, ressentir, partager, aimer… Certainement pas courir !

Nous ne passerons donc pas le Cap-Horn en 2016, mais allons commencer par nous faire la main et apprivoiser Willem avec un petit tour en Atlantique nord avant d’aller plus loin… C’est déjà tellement beau!

« Il avait fini son voyage, épuisé par l’impossible. Il disait que le danger c’est la précipitation, comme le bonheur. Un bonheur précipité est un bonheur gâché. Il ne faut pas anticiper le destin, au risque de se décevoir. Le danger du voyage est dans la boulimie, la soif du connaître. Il faut laisser le voyage à l’étonnement et il n’avait pas su. »

Bernard Giraudeau, Les dames de nage